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Eliane Reyes fait partie de l’élite de ces jeunes pianistes contemporains

November 2011 Crescendo

Le compositeur d’origine polonaise, Alexandre Tansman, a probablement terminé sa traversée du désert. Chandos a déjà publié (en SACD) quatre volumes de ses neuf symphonies, Naxos vient de nous faire connaître son concerto pour clarinetteainsi que son concertino pour hautbois et clarinette et réitère ici avec un superbe CD consacré à quelques uns de ses cycles pour piano : la Petite suite de 1917–1919 (Vision, Berceuse, Méditation, Petite Chanson polonaise, Plainte orientale, Caprice & Scherzino) et les 24 Intermezzi écrits aux prémices de la seconde guerre en 1939–1940 complétés par la Valse-impromptu de la même période (1940). Installé en France depuis 1919, émigré aux Etats-Unis pendant la guerre, il n’est pas étonnant que ses compositions évoquent par leur néo-clacissisme Ravel, Stravinsky, parfois avec des relents de Scriabine, de Szymanowski, de Bartok ou même de Schoenberg. Les 24 Intermezzi ont été composés pendant la difficile période de la drôle de guerre où Tansman, fraîchement naturalisé était enrôlé dans l’armée française pour être libéré à la naissance de sa seconde fille au début 1940 ; ce sont des pièces de caractère bien diversifié et contrasté (écho aux 24 Préludes de Chopin ?). La Valse-Impromptu très ravélienne a également été écrite au début 1940. Les morceaux qui composent la Petite Suite datent probablement des années qui précèdent l’arrivée du compositeur à Paris. Eliane Reyes fait partie de l’élite de ces jeunes pianistes contemporains qui réussissent à brider leur technique éblouissante et la mettre au service de l’expression et de la musicalité. Et cela convient à merveille à ces joyaux qui nous sont révélés ici en première mondiale. Comme toute “World Premiere Recording”—les 24 Intermezzi et les 7 pièces de la Petite Suite sont enregistrés ici pour la première fois, seule laValse-Impromptu était connue—nous avons ici un CD à découvrir qui, en prime, nous apporte la joie, la délicatesse et la fraîcheur d’une merveilleuse pianiste compatriote.

Jean-Marie Andréjoker