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Rencontre au Sommet à Collioure avec Eliane Reyes

April 12 2015 blog d'Alain Marinaro

http://alainmarinaro.canalblog.com

J’ai d’abord à vous faire partager un souvenir du siècle dernier.
De 1985 à 1990…. Il y avait à la RTBF en Belgique une émission qui s’appelait « Jeunes Solistes » et que je n’aurais ratée pour rien au monde.
Elle et présentée par le flûtiste Georges Dumortier, professeur au Conservatoire royal de Bruxelles. Un jour de 1988, on y vit paraître une charmante fillette… Decagenaire! ( Si, si, le mot existe puisque je l’invente; à vous de l’imposer!)
On voyait une gamine et on entendait une virtuose prématurément accomplie.
Depuis ce jour-là, je connais et j’admire Eliane Reyes. On a aussi compris que la petite avait de qui tenir, quand elle eut quelques mots affectueux pour son parrain, que vous ne pouvez méconnaître, puisqu’il s’agit de Jean-Claude Vanden Eynden.
(…)
> Nos amis Marinaro ont bien fait les choses: devant le public qui s’installe trône le grand Steinway et j’y vois un hommage mérité: une reine du clavier va pouvoir s’unir au roi des pianos, celui qui aurait rendu Beethoven encore plus beethovenien si un miraculeux anachronisme lui avait permis d’y mettre les mains.
Il nous fut servi un récital d’une intelligente diversité.
Il y eut d’abord la sonate en la mineur D784 de Schubert, interprétée  » con sentimento giusto »: Eliane ressent avec justesse l’état d’esprit du compositeur et, en l’écoutant, ( la triple équivoque du pronom, c’est exprès), nous nous en sentons pénétrés.
La Fantaisie-Impromptu de Chopin vint comme on l’attendait: ce fut tour à tour sensible, volubile, brillant.
Pour la Sonate no 2 op. 105 de Nicolas Bacri, on peut parler de profonde intimité avec le compositeur; ce n’est pas mon…..intuition qui le découvre, c’est l’état-civil qui l’atteste: Eliane Reyes est madame Nicolas Bacri. À nous l’expérience peu fréquenté d’applaudir en même temps l’interprète et le compositeur! Pourtant, celui-ci n’est pas tendre avec son épouse-interprète, car la pièce est brillante et difficile. Rien de facile non plus, dans l’œuvre pianistique de Ravel: dans ses  » Jeux d’eau », ce n’est pas rien d’en faire jaillir tant avec seulement dix doigts. La dernière œuvre prévue est une valse de Chopin ; ce n’est pas la plus familière, et c’est tant mieux. Il clôturera le concert, puisque les bis aussi sont de lui.
Soudain, pour notre plaisir vient frétiller celle qu’on surnomme tantôt » la valse-minute » et tantôt la  » valse du petit chien ». C’est de la virtuosité brillante et ça nous enchantera toujours,
On ne pose pas une question dont la réponse est évidente: c’est pourquoi je ne vous demanderai pas si vous voulez réécouter Eliane Reyes. Rendez-vous donc ce vendredi 17 avril. Si douée soit-elle, Eliane n’a tout de même que deux mains: les deux autres seront celles de notre grand, notre célèbre Josep Colom.
Alors? Rencontre au sommet à Collioure !
Jean-Marie Philippart

Banyuls 12 avril 2015