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Debussy « Visions de la Grèce » with Frank Pierobon

Debussy « Visions de la Grèce » with Frank Pierobon

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Date / Heure
Date(s) - 01/06/2019
17 h 00 min - 18 h 00 min

Emplacement
château de Bourgon


Debussy – Visions de la Grèce
« Quand on na pas les moyens de se payer des voyages, il
faut suppléer par l’imagination. » C. Debussy (remarques à
propos dEstampes)
Dans l’œuvre de Claude Debussy, le thème grec est discrètement, fleurissant à partir de
l’influence des poètes (Mallarmé, pour le Faune, les Parnassiens en général et Pierre Louÿs).
Cette inspiration se détache assez rapidement des emblèmes trop reconnaissables de la Grèce
des antiquisants et des touristes pour se sublimer et se fantasmer, prolongeant le geste amorcé
au sein de la poésie française vers une épure, qui célèbre une beauté dépsychologisée, d’avant
la faute et la chute, une beauté qui est celle dans laquelle la sensation et ce qui est ressenti se
fondent l’une en l’autre, en une impression purement musicale. À terme, Claude Debussy
s’orientera lui-même vers une musique épurée, simplifiée et sereinement contemplative.
La fascination immédiate et durable que produit la musique de Debussy va surtout aux œuvres
en technicolor : Le Prélude à l’Après-midi d’un faune, la Mer, les trois nocturnes pour ne
citer que les exemples les plus célèbres. Tout un pan de l’œuvre pour piano, moins fréquentée,
de Claude Debussy, offre l’espace sonore d’une véritable expérience à la musicale et
méditative d’où peut sourdre une véritable paix pour l’auditeur, à la manière d’une méditation
que la musique permettrait en s’en abstrayant progressivement.
Ce parcours poïétique et esthétique du compositeur donne beaucoup à penser et des
philosophes marquants – de Merleau-Ponty à Jankélévitch en passant par Bergson et Adorno
– sans nécessairement mentionner Debussy ou même la musique ont pris la mesure du
changement de paradigme dans le postromantisme qui se caractérise par un retour à la
sensation et « aux choses elles-mêmes » (dans la phénoménologie) et l’abandon d’une veine
de plus en plus sentimentale, et par une intériorité sereine et lumineuse, pour faire pièce à
l’essor d’un type hyper-cérébral de composition (l’alternattive au dodécaphonisme).

On ne cesse de faire retour à Debussy : sa musique, à l’évidence, plaît, mais elle plaît d’un
plaisir où la sensualité du son est en même temps l’indice d’une spiritualité tranquille et
sereine, toujours préférable, aujourd’hui, à une intellectualité qui n’a qu’elle-même comme argument:
minutes de piano solo, 40 minutes de conférences
Prélude à l’après-midi d’un faune
L’isle Joyeuse
Et la lune descend sur le temple qui fut
6 épigraphes antiques
Paul Dukas « la plainte au loin,du Faune »