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Eliane, la petite virtuose belge aime Chopin… et Lio!

October 1987 PARIS-MATCH

Comme chaque dimanche, le Théâtre de l’Empire à Paris ronronnait au rythme gentillet et vaguement nunuche de « L’Ecole des fans », la populaire émission de Jacques Martin, dont le brillant pianiste Cyprien Katsaris arbitrait complaisamment la séquence classique mensuelle. Bref, l’inaltérable routine. Et quand une petite Belge de neuf ans s’installa au clavier, personne ne pouvait imaginer qu’on allait vivre un moment de télévision d’une rare intensité. Quelques minutes plus tard, pourtant, le temps d’exécuter la valse en sol bémol majeur de Chopin, Eliane Reyers soulevait littéralement d’enthousiasme les deux mille spectateurs privilégiés et arrachait à la torpeur dominicale les quinze millions de téléspectateurs assoupis devant leur petite lucarne. « C’est la révélation que nous attendions depuis longtemps ! », s’exclamait, ému, Jacques Martin. « Voilà une future professionnelle remarquable. Elle est très mûre et elle a tout pour elle. Bravo ! », surenchérissait Cyprien Katsaris, visiblement stupéfait. Et, pour la première fois dans la longue histoire de l’émission, l’animateur sollicita un « bis ». Une étoile – une vraie ! – venait de naître… Pour Eliane, petite Verviétoise fille d’un violoniste et d’un professeur de piano, ce plébiscite récompensait une carrière déjà longue ! C’est à deux ans et demi, en effet, que la fillette prit contact avec le piano sous la houlette de sa maman. A cinq ans, elle donnait son premier récital pour le Rotary de Liège. A sept ans, à Spa, elle jouait en première partie de son parrain, notre grand pianiste Jean-Claude Vanden Eynden. Et l’an dernier, à Verviers, elle se produisait avec Abdel-Rahman El Bacha, jadis premier lauréat du Concours Reine Elisabeth.

A la bonne école de sa maman

Une réussite précoce et rarissime qui s’explique évidemment par les dons hors du commun d’Eliane Reyers : sens inné de la phrase et de ses silences, idée musicale des diverses sonorités combinés avec une agilité, une sensibilité et une maturité extraordinaires pour son âge. Mais un épanouissement qui n’aurait sans doute pas été possible sans le fantastique travail de défrichage accompli par sa maman. Encourage par les résultats obtenus avec sa virtuose de fille, celle-ci a d’ailleurs décidé d’en faire profiter les autres. « J’ai mis au point une méthode tout à fait naturelle qui consiste à apprendre le piano aux enfants comme on leur apprend à parler. Avant de savoir lire les notes, ils jouent de mémoire. Et comme il faut huit ans pour entrer au conservatoire, j’ai créé, à Verviers, une école pour les petits surdoués à partir de trois ans : la FOMAS (« Fifty-One Music Arts School »). Actuellement, je suis en train de monter le même type d’enseignement en France et en Allemagne ». Des activités pédagogiques généreuses qui ne l’empêchent naturellement pas de continuer à s’occuper passionnément de la carrière de sa fillette. « Je la suis une ou deux heures par jour. Une fois la semaine environ, elle prend aussi des cours avec Mme Longrée-Poumay, mon ancien professeur, qui fait avec elle un excellent travail de mise en place. Et puis, une ou deux fois par mois, nous nous rendons à Paris où Brigitte Angerer, la grande pianiste française, a accepté de prendre Eliane sous sa protection ». En fait, c’est par l’intermédiaire de cette « diva » du piano qu’Eliane s’est retrouvée sur le plateau de l’émission de Jacques Martin. « Lors d’une précédente « Ecole des fans » dont elle était la vedette et à laquelle nous assistions en spectatrices, Brigitte Angerer, qui avait entendu parler d’Eliane, lui a demandé de jouer quelque chose après l’émission. L’audition terminée, elle s’est précipitée vers Jacques Martin pour lui dire : « Si vous voulez quelqu’un de vraiment exceptionnel, prenez cette enfant ! ». Et le mois suivant, Eliane était invitée à l’émission… ».

Une petite fille comme les autres

A la lecture de ce qui précède, Eliane Reyers pourrait vous apparaître comme un de ces petits phénomènes graves, sérieux, isolés par leur talent. Grave erreur ! Mignonne et enjouée, Eliane croque dans la vie avec l’appétit de tous les gosses de son âge. Sachez, par exemple, qu’elle est plutôt casse-cou à vélo et qu’elle aime beaucoup… Lio (« Surtout pour sa figure et pour ses robes ») ! « Elle est du signe des gémeaux et on jurerait qu’il y a deux personnalités en elle. Car lorsqu’elle retrouve son piano, la petite fille espiègle et délurée devient sensible, intense, passionnée. Elle a alors la maturité d’une étudiante de vingt ans ! » Ce parfait équilibre, elle en aura bien besoin dans les prochains mois. Son calendrier, en effet, ressemble étrangement à celui d’une vraie « pro » : non seulement elle prépare un concerto en ré majeur avec orchestre de Haydn qu’elle donnera en fin d’année, au Grand Théâtre de Verviers, en première partie de Michael Fireman, mais en plus, elle va enregristrer un disque de valses et de mazurkas de Chopin qui sortira pour les fêtes aux éditions Duschene. Et pour 1988, une foule de concerts sont déjà programmés, dont un avec Brigitte Angerer et un autre avec Cyprien Katsaris ! Seule petite fausse note dans cet hymne à l’optimisme : la formation d’une jeune virtuose coûte pas mal d’argent. A ce propos, au moment où l’on parle de plus en plus de « sponsoring artistique », le cas d’Eliane Reyers ne mériterait-il pas qu’une entreprise s’y intéresse ? A méditer, en tout cas… Gérard MIGNOT. (Pour tout renseignement sur la FOMAS, contacter Mme Gillard au 087/31.64.14)